Le public entre. Un·e spectateur·rice prend place sur un petit bureau où se trouve un ordinateur. Sur l’écran, un programme se lance : c’est un jeu vidéo. Vous voilà dans la peau d’une jeune femme prête à lancer sa carrière sur Twitch — Hell_joue, l’avatar que vous allez manipuler pour lui faire gagner le plus d’abonnés et payer son loyer d’ici la fin du mois. La scène s’allume et dévoile ce même espace où se tient une actrice qui ressemble à l’avatar sur l’écran. Soudain, une notification retentit : le corps de l’actrice se tend. Le·la joueur·se a cliqué. Le jeu commence. Dans la pièce, les objets s’éclairent. Un clic : elle se touche les cheveux. Un autre clic : elle danse devant la webcam. Ses actions sont précises, contrôlées par une main invisible. Mais qui, ce soir, joue vraiment ? Est-ce le·a joueur·se, le public, ou elle-même — piégée dans cette mécanique où le réel et le virtuel se confondent ?